Pas de 1er mai pour les laitiers
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Mots clés : FRANCE, Michèle Alliot-Marie, Albin Chalandon, Rachida Dati, Olivier Sigoignet, Visionex
Par Mathieu Delahousse
Ce devait être le procès banal de trois patrons de bar de l'Aude pour détention illégale de machines à sous. Mais le 7 avril dernier, les juges du tribunal correctionnel de Carcassonne ont découvert le curieux et très épais dossier Visionex, du nom de bornes d'accès à Internet implantées dans quelque 700 bars-tabacs. L'affaire aurait pu se résumer à une guerre d'usure entre la sous-direction des courses et jeux du ministère de l'Intérieur et le tenace dirigeant de la PME qui a conçu les bornes. Le dossier a en fait une autre particularité: voilà plusieurs années que tous ses rebondissements sont connus au sommet de l'État sans qu'aucun ministère n'ait clairement tranché le conflit.
Preuve en est cette lettre datée du 21 juillet 2008 et lue par le président du tribunal lors de l'audience de Carcassonne. Pas moins de trois noms de ministres y figurent: signé de Michèle Alliot-Marie, alors ministre de l'Intérieur, le courrier est adressé à Rachida Dati, alors ministre de la Justice, et il évoque aussi le nom d'Albin Chalandon: l'ancien garde des Sceaux, ainsi que son fils Fabien, tous les deux convaincus que la petite entreprise est victime d'une manipulation, ont en effet depuis deux ans remué ciel et terre pour faire entendre la cause de la PME. Albin Chalandon et son fils avaient rencontré par hasard l'entrepreneur qu'ils soutiennent aujourd'hui.
Le jugement rendu à Carcassonne leur donne raison pour la première fois: les trois cafetiers, accusés d'héberger les fameuses bornes, ont tous ont été relaxés. Le tribunal a refusé de considérer Visionex comme un bandit manchot clandestin. La lettre ministérielle lue à l'audience soulignait que le concepteur de Visionex avait interrogé le ministère de l'Intérieur avant de lancer ses bornes et qu'il avait obtenu une réponse - orale - favorable.
L'affaire Visionex ne s'arrête pourtant pas là. L'accusation conteste cette autorisation orale. Dans l'Aude, le parquet a fait appel et, surtout, trois juges d'instruction, à Paris et à Créteil, sont encore en charge de dossiers similaires. Les poursuites visent le «père» de Visionex, Olivier Sigoignet, entrepreneur basé près de Nantes. Lui défend la légalité de sa borne, née en 2005. La sous-direction «courses et jeux» des renseignements généraux (aujourd'hui DCRI), à l'origine de la première enquête en février 2008, estime au contraire qu'il ne s'agit que de machines à sous clandestines dissimulées sous une nouvelle apparence commerciale.
Entre la PME et ceux qui l'accusent, le débat porte désormais sur les contours de la loi de 1983 sur les jeux mais aussi, de façon bien plus saignante, sur le rôle de l'administration. «Elle a été utilisée pour protéger le monopole de La Française des jeux et du PMU» qui dispose également de terminaux de jeu dans les bars-tabacs, s'indigne Olivier Sigoignet. Et dans une lettre adressée en août dernier au ministre du Budget, Albin Chalandon est encore plus explicite: l'ancien garde des Sceaux parle d'«étranges comportements de la part de certains membres de l'administration» et dénonce ouvertement une «manipulation des RG»… Ni dans les tribunaux et ni dans les ministères l'affaire Visionex ne semble devoir en rester là.
Dominique Repronche
Tandis que s'ils avaient été "copains" avec l'entourage de Môssieur Charles..... Sur
L'«affaire Visionex» intrigue la justice
boudu92
je n'ai pas compris d'une part ce que c'est que cette machine, et d'autre part, ce quu'on
fait avec. En plus que reproche t'on à ces patrons de bars. Aucune information
utile dans ce papier. Le figaro est plus brillant d'habitude. Sur
L'«affaire Visionex» intrigue la justice
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